Est-ce que le syndrome de l’imposteur sabote ton lancement?

se lancer Feb 18, 2017
Merde merde merdemerdemerde – cette fois c’est la fin! 

En 2006, après des mois passés au lancement de ma première activité freelance, un client m’avait enfin approché pour un premier mandat.

Je suis rentrée dans le meeting pleine d’énergie et d’excitation à rencontrer mon premier vrai client! J’en suis ressortie terrorisée.

Mon client voulait album de mariage. Mais pas n’importe quel album de mariage. C’était pour la fille d’un ami personnel du candidat à la présidentielle Française Nicolas Sarkozy.

… et si ce n’était pas assez de pression, la mariée était elle-même graphiste,

… et en plus ils allaient donner une copie de l’album à tous les invités importants!

Au lieu d’être extatique, j’étais terrifiée. Terrifiée de ne pas être à la hauteur, de me planter royalement et de me payer la honte de ma vie.

Mon cerveau s’est mis en route pour créer plein de scénarios les plus farfelus les uns que les autres pour me sortir de cette situation.

  • Peut-être que je pouvais feindre une maladie, ou un doigt cassé et recommander qu’ils trouvent quelqu’un d’autre?
  • Ou je pourrais engager un vrai graphiste pour faire le travail à ma place?
  • Ou même, j’arrête tout, et je vais me cacher sous mon duvet pendant six mois?

J’avais pourtant créé quelques livres d’exemples qui m'avaient valu des compliments, mais jamais fait un boulot comme celui-ci!

Et comme je n’avais pas encore fini mon diplôme en design graphique, je ne me sentais pas du tout à la hauteur.

J’étais certaine de m’écraser et sentais déjà les flammes de la honte me lécher les pieds. Tout le monde allait savoir que je suis une imposteur! Mon visage allait finir sur un mème internet et je serais la risée de mon entourage.

Le syndrome de l’imposteur

Ce que je ne savais pas à l’époque c’est que je souffrais du syndrome de l’imposteur ou syndrome de l’autodidacte. Une forme de doute maladif qui m’empêchait d’être lucide sur mes capacités et me sentir légitime dans mon succès.

Sous ses formes légères, il nous permet de nous remettre en question et donc de nous améliorer.

Mais dans les cas plus aigus, il nous paralyse et nous empêche de réussir à développer pleinement notre potentiel.

Quand on lance une activité indépendante, le syndrome de l’imposteur nous retient de prendre des risques ou de passer à l’action, qui sont des éléments fondamentaux de l’entrepreneuriat.

Les mécanismes de défense

Quand nous souffrons de ce syndrome, nous activons un de deux mécanismes de défense:

  • Le Perfectionnisme: on essaie de cacher notre sentiment d’incompétence sous une tonne de travail. Le fait de travailler si dur calme temporairement la honte issue de notre syndrome de l’imposteur. Même si notre travail a du succès, nous expliquons cette réussite par la quantité de travail investi, tout en ignorant nos compétences.
  • L’Auto-destruction: On se mentalise à échouer et faisons le travail à contre-coeur, ce qui en impacte la qualité.
    Nous fabriquons une excuse toute faite pour notre prophétie auto-réalisatrice d’échec annoncé. Même si tout se passe bien, nous attribuons le succès à la chance, ou d’autres circonstances externes.
    Ces mécanismes viennent renforcer le syndrome de l’imposteur nous piégeant dans cette pensée, même en cas de réussite.

Pour moi, c’était le perfectionnisme.

J’ai passé un mois entier à créer l’album – un travail qui en réalité m’aurait pris moins d’une semaine.

Entre le blocage de la page blanche, des heures de procrastination et des centaines d’ajustements au dixième de millimètre, j’ai perdu beaucoup de temps pour me rassurer que j’y mettais mon maximum!

Il m’a fallu 3 jours pour trouver le courage d’envoyer le design pour révision. J’ai ensuite très mal dormi en attendant de recevoir les commentaires de ma cliente… qui a adoré l’album!

J’ai attribué ce succès à la grande quantité de travail fourni et n’arrivais pas à croire que ma cliente était réellement contente. Je me disais qu’elle était juste polie.

Dépasser le blocage

Dans mon cas, le syndrome de l’imposteur est apparu avec ce premier client, mais beaucoup de personnes le ressentent avant même d’oser se lancer.

Du coup, ils restent bloqués dans un cercle vicieux de doute qui les empêche de faire le premier pas et aller à la rencontre d’un client ou d’un marché.

C’est naturel – et même sain – de douter de soi. Le doute nous permet de garder notre Ego sous contrôle et de livrer un travail de qualité. Ce que nous voulons éviter c’est de nous auto-saboter et de rester bloqués dans cette boucle infernale.

Regardons comment.

1. Est-ce que c’est vrai?

La première question à se poser, c’est « est-ce que c’est vrai? ».  Est-ce que je suis un imposteur?

Un imposteur est une personne qui:

  • Vend du vent.
  • Ne livre aucun résultat concret.
  • N’a aucune compétence dans le domaine
  • Ne peux pas aider ses clients à atteindre un résultat concret.
  • Ne pas être un expert dans notre domaine, avoir une expérience limitée, ou manquer de diplômes ne fait pas de nous un imposteur, simplement quelqu’un avec un certain niveau d’expérience.

Pour faire la différence entre quelqu’un qui se lance et un vrai imposteur, posons-nous les trois questions suivantes. Est-ce que:

  1. j’ai les compétences nécessaires pour accomplir le travail que je vends?
  2. je produis le résultat que je promets à mes clients?
  3. je sais comment faire pour arriver à ce résultat?

Si tu as répondu « non » à une ou plusieurs de ces questions, tu n’es pas encore prêt(e) et ce que tu ressens c’est cette petite voix qui est là pour te protéger face au danger.

Si tu as répondu « oui » à ces trois questions, tu n’es pas un imposteur, mais tu manques de confiance en toi et/ou d’expérience.

2. Remercier nos pensées négatives

Lorsque la petite voix se fait entendre et te fait douter de tes capacités:

  • remercie-la de t’aider (souvent ces voix sont là pour nous protéger).
  • rassure-la que tout est sous contrôle: tu as les compétences, tu sais produire le résultat et comment y arriver.

Cette démarche t’aidera aussi à identifier les zones d’ombre à éclairer avant de continuer, ou de nouvelles compétences à acquérir.

3. Faire, faire et faire encore

Just do it!  nous dit Nike depuis des décennies… et ce conseil ne vieillit pas d’un jour. Dans le sport comme dans l’entreprenariat, il n’y a aucun secret.C’est en forgeant qu’on devient forgeron, et l’effort paie toujours.

Aller à la rencontre de nos clients, parler avec eux, découvrir tout ce que nous pouvons faire pour les aider, découvrir leurs besoins, leurs peurs et y apporter une solution est la clé du succès.

Fais taire ces petites voix, prends le téléphone, écris ce mail à tes contacts, participe à des évènements dans ton marché.

4. Célébrer et garder trace des succès

Chaque fois que tu as un retour positif, garde-en trace dans un journal ou un document texte.

Si la petite voix refait surface, ouvre le journal et souviens-toi de tout ce que tu as accompli et comment tu as aidé ces personnes.

Aussi, quand quelqu’un te remercie ou te félicite, dis simplement merci. Ne rejette pas le compliment en disant que ce n’était rien, normal, facile, grâce à quelqu’un d’autre, un travail d’équipe, … Un simple merci va te faire du bien et t’aider à faire taire la petite voix.

5. Apprendre des échecs et erreurs

« Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover.  »
– Albert Einstein

Le syndrome de l’imposteur te fait penser que tu dois être parfait(e) pour réussir.

La vérité c’est que tu ne peux pas entreprendre et faire tout juste du premier coup. C’est simplement impossible et le croire est complètement désillusoire. Laisse tomber cette illusion tout de suite, ou oublie l’idée d’être un jour à ton compte.

Les erreurs et les échecs ne sont rien d’autre que des opportunités d’apprendre.

En moyenne, 90% des idées échouent. Le secret est d’essayer chaque idée avec le plus petit investissement possible, d’apprendre au plus vite et continuellement ajuster ta trajectoire au fur et à mesure.

Tu peux garder un journal de chaque essai et lister les apprentissages que tu en as retiré. Approche chaque idée comme un scientifique, ou comme si tu aidais ton meilleur ami, en te détachant autant que possible de l’émotionnel.

Prendre sa place dans le monde

Rappelle-toi que nous sommes tous à différentes étapes sur nos chemins de vie, et que personne n’est parfait. Même pas les personnes que tu idéalises.

Il y aura toujours des personnes plus en avance que toi dans certains sujets, mais cela ne veut pas dire que tu n’as pas ta place aussi.

Imagine un monde où il n’y a qu’une personne par branche pour servir les reste de la planète?

Impossible et ridicule n’est-ce pas?

C’est pour cela que tu as ta place dans ce monde et qu’il y aura toujours des personnes qui ont besoin de ton talent particulier.

En t’auto-sabotant, tu prives le monde de ton talent et tu empêches les personnes qui ont besoin de toi d’accéder à ton savoir faire unique.

Si j’avais abandonné il y a toutes ces années, des centaines ne personnes n’auraient pas d’albums ou de portraits qui font maintenant partie de leur histoire personnelle. Elles n’auraient jamais eu des larmes de joies en se trouvant belles dans leurs photos, ou ressenti la fierté et la joie de trouver leurs premiers clients en se lançant à leur compte.

Reconnais tes forces, et continue de t’améliorer. Tu n’atteindras jamais cet état de grâce absolue que ton perfectionnisme idéalise, et non… tu n’as pas besoin d’un autre diplôme pour commencer.

Prends ta place dans le monde, parce-que personne ne va te la donner.

Commence aujourd’hui avec ce que tu as, parce que tu as probablement déjà beaucoup plus à offrir que tu ne le penses!

 


 

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